Alain Fleischer à Budapest – Projection de films et rencontre avec l’artiste

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En écho à l’exposition Alain Fleischer, l’aventurier des expériences, présentée à la galerie 2B, l’Institut français de Hongrie propose deux courts métrages d’Alain Fleischer : Different Trains et En souvenir de Nadja. La projection sera suivie d’une conversation entre l’artiste et László Böröcz, directeur de la galerie 2B.

Different Trains
Documentaire français, 2014, 27 min
Réalisation : Alain Fleischer
Musique : Steve Reich, interprétée par le Quatuor A4&+

Le film documentaire d'Alain Fleischer, Different Trains, immortalise l'interprétation magistrale de la célèbre œuvre de Steve Reich par le Quatuor A4&+. Composée en 1988 pour quatuor à cordes et bande magnétique, cette pièce d'inspiration autobiographique et historique, récompensée par un Grammy Award, s'est imposée comme l'un des sommets de la musique minimaliste américaine. L'œuvre se déploie en trois mouvements d'une intensité rare :

  • I. Amérique – Avant la guerre (America – Before the war) insuffle le dynamisme nostalgique des trains transcontinentaux. Enfant de parents divorcés, le jeune Reich voyagea sans cesse entre New York et Los Angeles de 1939 à 1942.
  • II. Europe – Pendant la guerre (Europe – During the war) plonge dans la tragique réalité de la Shoah. Au son des sirènes et de motifs de cordes menaçants, Reich — devenu adulte — réalise un effroyable parallèle : s'il avait vécu en Europe à cette même époque, il aurait embarqué à bord des trains de déportation vers les camps d'extermination nazis.
  • III. Après la guerre (After the war) fait place au deuil, à la mémoire et au lent apaisement. Ici, les instruments épousent les voix enregistrées de survivants de la Shoah. Les cordes imitent si précisément le rythme et les inflexions de la parole humaine que le langage devient lui-même mélodie (speech melody).
     

À l'écran, Fleischer orchestre une véritable chorégraphie des corps : sa caméra scrute la tension des archers, le frottement des cordes et le mouvement des mains pour amplifier le halètement ferroviaire de la musique. Les paysages défilent en un jeu saccadé de clair-obscur, tandis que des images d'archives se projettent directement sur le visage des musiciens. Défi technique absolu, le montage épouse au millimètre près la rythmique de Reich, accélérant ou figeant l'image pour ne faire qu'un avec la partition.

En souvenir de Nadja
Court métrage de fiction / essai filmique français, 2024, 20 min
Réalisation : Alain Fleischer
D’après l’œuvre de : André Breton

Pour commémorer les cent ans de la publication du Manifeste du surréalisme, Alain Fleischer signe avec ce film un hommage vibrant à André Breton. Publié en 1928, le récit autobiographique Nadja retrace les neuf jours que l'écrivain passa à Paris avec Léona Delcourt (dite Nadja) en 1926 — une rencontre fulgurante écrite « sans aucune invention romanesque et sans aucune déformation du réel ». Bien que brève, cette liaison bouleversera profondément l'auteur.

À l'instar du livre, le film s'ouvre sur la vertigineuse question : « Qui suis-je ? ». Fleischer lance alors sa caméra dans les rues de Paris, arpentant les lieux exacts traversés par le couple. Porté par un commentaire lyrique et l'utilisation de la caméra à l'épaule, le film baigne dans une atmosphère nostalgique irrésistible. Par ses décors réels et sa silhouette d'actrice principale, En souvenir de Nadja ressuscite avec brio l'esthétique et la liberté formelle des héroïnes de la Nouvelle Vague des années 60.

Les films seront projetés avec des sous-titres en hongrois. 
La discussion se déroulera en français et en hongrois, avec interprétation simultanée. 
À l’issue de la projection et de la discussion, le public pourra également poser ses questions à Alain Fleischer.

L’entrée est gratuite, mais l'inscription est obligatoire.
Inscription : https://forms.gle/foBJnxuf8Uc2DRdf8