Le Diplomate. La culture pendant la guerre froide – Guy Turbet-Delof à Budapest (1947–1958)

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L’exposition Le Diplomate. La culture pendant la guerre froide – Guy Turbet-Delof à Budapest (1947–1958) du musée Kiscelli présente, à travers les années passées en Hongrie par un diplomate culturel français, la situation de la culture et des arts au cours de la première décennie mouvementée de la guerre froide. Elle propose différents points de vue sur cette période : celui de la diplomatie française, celui de la police politique hongroise, qui lui était hostile, ainsi que le regard personnel de Turbet-Delof, marqué par sa culture littéraire et sa vision du monde. Nous essayons de restituer sa figure telle qu’elle a pu être perçue par les artistes qui ont été en contact avec lui, et présentons également les œuvres d’art qu’ils lui ont offertes. Enfin, un aspect très proche et personnel de sa vie en Hongrie apparaît à travers les souvenirs de sa fille, Christine Turbet-Delof.

La figure de Guy Turbet-Delof, qui dirigea l’Institut français de Budapest et exerça également les fonctions d’attaché culturel, est connue depuis longtemps des historiens et des spécialistes de littérature grâce à son journal de 1956 et à sa traduction française de János vitéz [Jean le Preux]. Notre exposition attire cependant l’attention sur un aspect moins connu de son activité : ses relations avec les arts et les artistes. Il fit la connaissance d’un grand nombre d’artistes de l’époque et aida nombre d’entre eux, allant bien au-delà des obligations liées à sa fonction. Pour lui, le rôle du passeur et du propagateur culturels n’était pas seulement une tâche professionnelle, mais aussi une mission personnelle, qu’il accomplissait en franchissant le rideau de fer.

Turbet-Delof s’efforça d’aider les artistes hongrois en utilisant la valise diplomatique et sa propre voiture. Il fit parvenir des lettres privées, fit venir des pinceaux et des partitions. Il n’hésita pas non plus à faire passer clandestinement des personnes ou des œuvres d’art à travers la frontière : les tableaux de Béla Czóbel et d’Endre Rozsda quittèrent eux aussi le pays avec son aide.

Pour Endre Rozsda, qui aspirait à la liberté et choisit l’émigration, il chercha des soutiens et des possibilités d’exposition. À partir de son œuvre Initiation, le peintre, qui mena par la suite une carrière internationale, fit réaliser une tapisserie murale par l’État français. Celle-ci fut finalement installée, comme pour boucler la boucle, dans la Résidence de l’ambassadeur de France à Budapest. Cette œuvre exceptionnelle quitte aujourd’hui son emplacement habituel afin d’être présentée dans cette exposition.

L’exposition présente les œuvres d’artistes dont les parcours sont liés à l’activité de Turbet-Delof : outre plusieurs grandes peintures et de petits dessins d’Endre Rozsda, elle donne à voir des sculptures et des projets de sculptures de Lajos Barta, ainsi que des œuvres de Béla Czóbel, Tibor Vilt, Márk Vedres et Géza Gorka. À part les œuvres offertes au diplomate et celles des artistes avec lesquels il était en relation, le public pourra également voir des instruments utilisés par la police politique pour les écoutes, des photographies de surveillance, des procès-verbaux, ainsi que des entretiens filmés faisant revivre des histoires personnelles.

Commissaires de l’exposition : Mária Árvai et Blanka Fábián

Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche 10h – 18h.

Lieu : Musée Kiscelli – Galerie municipale, 1037 Budapest, Kiscelli utca 108.

Pour plus d’informations : www.kiscellimuzeum.hu